Parfois mes absences se traduisent par ses moments de réflexion dont chacun à besoin; j’ai
tellement de mal en ce moment, j’ai du mal avec les gens, j’ai du mal avec ce
monde qui ne tourne pas rond. J’en ai marre de cette hypocrisie généralisée.
Alors j’ai d’abord pris le parti de rire de tous ça et puis dans la foulée je
finis par me calmer et j’apprends à rester patiente.
Je fais le bilan, je me
rappelle qu’en France j’adorais prendre le bus, le métro, le tramway et prendre
un instant pour discuter avec des inconnus. Faut dire qu’on nous fout des
robots à tout les coins, j’aime la modernité mais bon, j’aime aussi recevoir
une dose '' d’humanisme '' au quotidien.
Papoter, j’adorais ça, mais pas avec n’importe qui, surtout avec les petits
vieux. Attention, Ce n’est pas du tout péjoratif quand je dis ça, c’est
plutôt affectueux dans ma vision des choses. Mais là encore, chacun voit les
choses à sa façon, en fonction de l’endroit où il se place. En
général les personnes âgées sont pleine d’histoires incroyables parfois même
farfelues mais ce n’est pas grave, je me serais évader un instant, j’aurais
appris ou du moins j’aurais pris le temps de réfléchir ou au pire je me serais
éclatée un instant.
Ici, dès que je le peux, je m'en vais me balader en bord de mer pour me ressourcer.
La vie est si différente, plus d’un an passé loin des miens : une année qui a son lot de peines, de joies, d’expériences uniques mais surtout de grandes leçons de vie. J’apprends, je m’instruis, je m’enrichis, mais ça doit être une évidence, l’endroit où nous vivons nous change, parfois dans le bon sens, parfois dans le mauvais. Une chose est sûre, je grandis, je me nourris de toutes ces rencontres inoubliables et je suis envahit par tout ce qui s’anime autour de moi. Mon envie de découvrir le monde est encore plus forte.
La vie est si différente, plus d’un an passé loin des miens : une année qui a son lot de peines, de joies, d’expériences uniques mais surtout de grandes leçons de vie. J’apprends, je m’instruis, je m’enrichis, mais ça doit être une évidence, l’endroit où nous vivons nous change, parfois dans le bon sens, parfois dans le mauvais. Une chose est sûre, je grandis, je me nourris de toutes ces rencontres inoubliables et je suis envahit par tout ce qui s’anime autour de moi. Mon envie de découvrir le monde est encore plus forte.
Dans ce rythme infernale qui guident mes pas, dès le départ, je me laisse emporter par ce mouvement optimiste. Je partage les ambitions de cette fédération, cette envie de réussite, d’être au top, la vision du futur tout cela dans un état musulman. On est loin de l’occident où l’islam est instrumentalisée et constamment pointé du doigt, parfois même diabolisée. Dieu merci, musulman et non musulmans se côtoient dans la paix et surtout chacun vit dans son monde. Je découvre alors l’émirat, sa culture, ses lois qui m’offrent une vie où je me sens en sécurité, et ça, c’est le grand luxe.
Je réalise et je comprends
pourquoi les locaux sont fiers de leurs émirats et aussi patriotes.
La vie est confortable, j’ai
halluciné la première fois où je suis allée mettre de l’essence quand j’ai
compris qu’il ne fallait pas descendre de la voiture pour faire le plein,
quelqu’un le fait à votre place. Il existe des tas de petits services à la
personne dans ce style et bien évidemment pour la plupart des gens cela fait
partis de la normalité. J’apprécie mais je ne m’attache pas à tous ça, la voix
de maman résonne dans ma tête " ma fille garde les pieds sur terre et
n’oublie jamais d’où tu viens ". Je reprends souvent mes esprits sans trop
m’attarder sur ce genre de confort mais quand même je dois être honnête et je
dois dire que ne plus trainer cette odeur pourri de mazout sur les mains c’est un
vrai plus.

J’écoute Mirna, installée depuis plus de 15 ans à Dubai. Elle a vu grandir et se transformer l’émirat à une vitesse folle.
Elle me parle du vieux Deira… du port de pêche, des femmes et des dunes qui sillonnaient encore le paysage. Je me sens transportée et j’ai l’impression de voyager dans la vision du moyen orient que je m’étais toujours imaginée.

Moi qui veut changer le monde alors que je n’ai que 24 heures en une journée, j’ai encore du boulot, mais quand je vois qu’on bâtit les plus grandes tours du monde sur un désert si rapidement, je me dis que rien est impossible !
Je décide de partir à la découverte du vieux Dubai et de m'aventurer aussi dans le désert.


J'en prend plein les yeux, je suis dépaysée, j'aurais tant de choses à raconter... Trois mots me viennent à l'esprit pour décrire tous ce que je vois: modernité, traditions, paradoxes ...
Retour en ville, j’ouvre les yeux et mon regard croise celui des ouvriers qui travaillent sur les chantiers. La plupart viennent d’Inde, du pakistan et ce qui me frappe le plus, c’est qu’ils sont soit très jeunes, soit très âgées, ils sont probablement là pour nourrir leur famille restée en Inde. Derrière ses immenses building se cachent la misère de l’Inde. Je n’ai que mon sourire à offrir et je continue mon chemin le cœur lourd. J’admire leur dignité.
Je rencontre Rana, une
libanaise installée aux émirats comme beaucoup d’autre. Elle me raconte ce
qu’elle a vécu au Liban. Je découvre avec effroi l’horreur de cette guerre
civile. Elle n’était encore qu’une jeune fille et me parle de son quotidien aux
allures de fin du monde, des cris, des larmes et des heures passées à se cacher
dans des caves dans l’attente que les explosions cessent, dans l’espoir que la vie reprennent là où elle s'était arrêtée. J’ai mal et ses fragments d’histoire suffisent à me
transmettre la terreur qu’elle a pu vivre. J’en suis effrayée.
J'entend les echos du printemps arabe et les informations parlent de la
guerre en Syrie et le shéma se reproduit, comme si la guerre était devenue une
habitude dans une partie du monde arabe. On atteint des niveaux de violence
insupportable et pendant ce temps là certains parlent d’honneur alors qu’ils
ont vendus leurs âmes au diable. J’en veux tellement à ceux qui brisent les
rêves de toute une génération.
Je pleure en silence pour tous
ces enfants qui ont fuit la Palestine et la Syrie. Ils me parlent de leur famille
restée au pays, de leurs cousins qu’ils n’ont pas revu depuis des années. Ils
se remémorent puis ce taisent, le silence, les yeux humides et la gorge serrée,
je me sens inutile, je veux les prendre dans mes bras, les serrer fort , les
rassurer et leur dire que la paix est pour demain mais c’est faux ! Aujourd’hui
sans comprendre comment cela est encore possible, l’histoire se répète
incessamment.
J’ai mal pour ces enfants qu’on prive d’éducation. Je
ne peux pas comprendre comment à notre siècle des enfants vivent encore avec la
peur de la mort. Je n’ai pas de réponses, non bien au contraire, j’assiste
impuissante à ce monde qui cautionne cette cruauté et qui laisse faire comme si
cela était une évidence. Comment est-ce possible de ne
pas tenir compte de l’expérience, des erreurs de l’histoire pour continuer à
priver ses enfants d’une vie familiale paisible sans craintes et sans larmes.
C’est comme si la vie devait s’éteindre et qu’aucun compromis ne serait
possible. Alors oui, face à de tels injustices flagrantes, j’aimerais
parfois vivre loin de cette société qui va à l’encontre de ce qui me semble
juste...
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